Coïncidence ? Je ne crois pas. Voyez vous, pas plus tard qu’hier, jour du mardi gras de la femme, j’ai entendu ma voisine dire à ses amis – qu’elle raccompagnait à la porte en empruntant l’escalier contigu à mon appartement – qu’il ne fallait pas partir si tôt parce qu’elle avait encore plein d’histoires de cul très drôles à leur raconter… Note qu’à ce moment précis, je révisais la cinétique chimique et que bon, pour être tout à fait franche, cela m’a quelque peu déconcentré… Euphémisme pour dire t’introduire la réalité suivant : je me suis surprise à « pouffer de rire »… Oui-oui, tu as bien lu. Je parle précisément de cette réaction qui se trouve approximativement aux antipodes de la classe. Quand il est tard, que la concentration se fait difficile, on entre dans un état de vulnérabilité tel que la moindre réplique est prétexte à des rires sonores et stupides. J’en ai été mortifiée et pour cause, j’ai eu cette autre réaction typique, qui n’a pris qu’une fraction de seconde : j’ai pouffé, me suis entendue avec quelques secondes de retard qui m’ont forcé à revoir mentalement la scène (dégrisement immédiat et regain de fierté : « Catastrophe, je viens de réagir comme je l’aurais fais du haut de mes 12 ans, merde »). J’ai écarquillé mes yeux tout grands (l’étonnement tu vois). Honteuse, j’ai porté ma main à ma bouche (comme si ça allait changer quoi que ce soit). Méfiante, j’ai regardé à droite et à gauche pour m’assurer de l’absence de témoins oculaires. A ce moment là je me suis fait la réflexion suivante « ce soir légèreté et finesse ont bel et bien déserté le monde des femmes, ce jour porte bien son nom : c’est le mardi gras de la femme ».

Publicités

Si en signant mon contrat de location j’avais pu lire « le chauffage est en option », sur le coup j’aurais ri mais dans l’état actuel des choses j’ai plutôt envie de pleurer… (Je dépends du bon vouloir de ma proprio pour ces choses-là et, candide que je suis, j’ai cru qu’elle serait généreuse…)

C’est en rentrant de mon voyage au cœur de l’esprit de Noël, la conscience chargée de culpabilité chocolatée, que j’ai réalisé que ma proprio (tout adorable soit-elle), n’a pas été frappée d’un éclair de génie qui lui aurait gentiment soufflé : « Eh copine ! Si tu chauffais ta maison, ça serait cool nan ? ». J’eu espéré que l’esprit de Noël adoucirait quelque peu ses mœurs mais j’ai été forcé d’admettre que non. Pas d’éclair de génie, pas d’excès de bonté en cette période de fêtes :

14°C Welcome back !

Moi qui rentrais presque avec mes orteils à la main,…  Tout ça pour 14 petits degrés, si j’avais pas à moitié perdu mes doigts de pieds dans la manœuvre j’pense qu’ils auraient refusé catégoriquement de sortir de mes bottes (aussi gelées soient-elles) en s’indignant : « T’as cru qu’on allait te laisser en finir avec nous aussi facilement ou quoi ?! »

J’ai touché le fond lorsque j’ai constaté la solidification de mon huile de massage…

C’est comme ça que mon chauffage de salle de bain est devenu mon meilleur ami.

D’abord parce que j’aime bien le trimbaler dans chaque pièces de mon appart avec moi, j’aime son look et son design fin et étudié et surtout le fait qu’il soit capable de souffler de l’air chaud. Ah ça…  Bon, je vous laisse imaginer le colosse : près de 30cm au garrot, 3 pales, 2 boutons. Alors bien sûr, vu la hauteur des plafonds c’est un peu « j’te donne 3 degré, j’t’en reprends 3 dès que je m’arrête,… » Ca donne un avant gout de ménopause tout ça mais c’est quand même drôlement appréciable malgré les fluctuations intempestives. Je compte plus les fois ou j’ai envisagé de me le greffer dans le dos ce p’tit con.

L’idéal serait d’en avoir un par pièces parce qu’après avoir trainé dans la cuisine/salon toute la journée, inutile de préciser que ma chambre ne s’est pas auto-chauffée (et fallait pas compter sur ma proprio pour ça n’est-ce pas…). Et voilà comment on se retrouve avec l’arrière train posé par terre (sur la descente de lit quand même parce qu’il nous reste un semblant de dignité) tout ça parce qu’il est largement impossible de rentrer dans un lit dont la température des draps, comme de la pièce, est de 15°. Me voilà donc : le cul au sol, le chauffage en vis-à-vis, Harry Potter entre mes doigt bleuis prêts à tomber.

Les choses se sont corsées le 2ème jour, lorsque d’un coup, mon nouveau meilleur ami a cessé de fonctionner sans prévenir, comme ça, m’abandonnant à mon désarrois (et à mes 15°C) juste à la sortie de la douche. C’est dans ces moments que l’on se découvre une ferveur toute neuve, capable de se plier aux exigences de n’importe quel culte susceptible d’accomplir le miracle suivant : réanimer le meilleur ami qui nous quitte. Mais je n’ai pas eu besoin d’aller brûler des cierges pour ça, j’pense que c’était juste une petite blague (pas drôle) destinée à occuper mon esprit pendant une dizaine de minutes. Juste histoire de tester si je perdrais les pédales ou pas et d’me rappeler qui est le patron dans cet appart ! « Oui maitre de la température, c’est toi le maitre de ma vie » que j’lui minaude à l’oreille depuis…

Noël dépose le bilan.

décembre 27, 2010

Parce que même ce genre d’évènement se résume et qu’il y a toujours d’autres conclusions à en tirer que « la joie » et « la bonne humeur » ; celle-ci en l’occurrence concerne ma chère et tendre génitrice : « maman ». L’appellation est cute mais j’aime mieux l’appeler par son nom de baptême, à savoir : Martine. D’abord parce que ça ne m’arrive jamais dans la vrai vie et puis ça m’amuse beaucoup le côté « martine à la mer », « martine à la plage »,… Somme toute j’ai l’impression de raconter les aventures de la petite fille du livre illustré mais version « quadragénaire, vie active et maman attentionnée ».

Eh bien martine, en cette période des fêtes, nous a fait une grande démonstration de son pragmatisme dont la réputation n’était déjà plus à faire… Il faut dire que c’est un peu de ma faute aussi, soyons honnête.

Depuis un bon mois, Martine c’est attelé à la mission, devenue au fil des années la plus délicate de son job annuel de Papa noël, qui est : « obtenir une liste à  cadeaux potentiels » de la part de sa marmaille (plus si marmaille que ça). Avant c’était facile, un atelier « feuilletage de pub blindées de joujoux, une paire de ciseaux, un tube de colle » et le problème était réglé. Ne restait à Martine que la lourde tâche de faire un choix, ou plutôt un tri (car ne l’oublions pas : Martine est une personne pragmatique), la sélection des cadeaux les plus pertinents effectuée, il suffisait de foncer au magasin et procéder religieusement à l’emballage. Fin de l’opération.

Mais avec ces enfants qui grandissent ce n’est plus ce que c’était… Ça préfère choisir des trucs soi-même au magasin (des vêtements en voilà une idée ! Comme si Martine n’avait pas tout compris en matière d’actualité des styles), ils préfèrent se débrouiller avec des sous… Et ça, Martine en souffre, je dirais même que ça ne la met pas en joie du tout. Parce que voyez vous sans paquets au pied du sapin et bien on perd la magie de noël ! « C’est comme si y’avait plus d’enfants dans cette maison, plus de vie ! » s’insurge-t-elle. (« Mais enfin, il N’y a PLUS d’enfants ici ! » avons-nous envie de répondre… Mais laissons à Martine ses douces illusions persister encore quelques années). C’est pourquoi, afin de palier à ce manque crucial, elle prends des initiatives Martine. Elle réfléchit, étudie, décide, achète, emballe et dépose des paquets au pied du sapin. Et devant notre étonnement et nos yeux agrandis de surprise en ce matin du 25 décembre nous annonce « Ben quoi, vous avez refusé de coopérer donc j’ai agis pour vous… »

Pas folle la Martine.

C’est comme ça qu’on se retrouve, un matin de décembre,  à procéder au bilan des stocks :

  • culote : +2
  • pyjama : +1
  • mug : +4
  • Plateau de service : +1.

Comme je l’aime Martine, avec son pragmatisme génial.

Notez que les 4 mugs sont présentés dans une colonne en inox top nickel pour ma déco (elle pense à tout Martine) mais que si elle avait pu, elle aurait emballé CHAQUE mug séparément pour qu’il y ait tout plein de jolis paquets au pied du sapin. Mais le temps ça compte aussi et lorsque la vendeuse lui propose d’emballer pour elle, martine renonce à cette lubie et elle dit « Euh.. Oui, s’il vous plait ».