En sortant de cours la semaine dernière, je me suis innocemment assise dans mon bus, chauffeur grincheux, siège vide, le regard dans le vague, la musique sur les oreilles, un mec étrange à coté de moi et je plane à 10 000 facile… Classique, jusqu’à ce que l’évidence me percute. Ou plutôt que je me décide à percuter l’évidence qui se tenait devant moi. C’est le type de moment auquel on est tous confrontés un jour ou l’autre, quand soudain, vous passez du vague à la réalité. Atterrissage de l’appareil, vos neurones daignent se connecter, recommencent à faire des liens avec ce qui se trouve devant vous et ce que vous savez déjà. Vous vous mettez alors a y associer images, concepts, souvenirs, tout ça… La réalité se déplie lentement sous vos yeux et vous prenez alors conscience de ce qui se trouve juste en face. C’est peut-être une personne, le regard critique quant votre état de léthargie avancée. Cette personne se demande si vous avez la lumière à tous les étages pour la fixer de la sorte (un peu comme le mec louche assis à votre droite avec qui elle échange éventuellement sa gène). Intégration du signal émis par cette personne : « Oh merde ça doit faire 5 minutes que je la fixe comme une teubée ». Vous détournez poliment le regard… Personnellement si elle insiste et donne dans l’indignation, je lance mentalement un : « Oh ça va hein ! Détends-toi ma grande ! » (je suis trop bad-ass dans me tête). Une fois le vague légèrement dissipé, c’est le moment que je choisis pour découvrir le bus, me l’approprier. « Oh tiens » … Une affiche devant moi avec un motif rouge « oh, c’est un cœur, c’est joli ». Je pousse la concentration légèrement afin de faire surgir des mots en connectant des lettres qui se trouvent sur ce que je viens d’identifier comme étant une « publicité ». C’est alors la révélation : « Pour la saint valentin, déclarez votre flamme avec Vcub », le Vcub c’est le Vélib Bordelais, les petites lignes disent qu’un abonnement Vcub est offert à chaque nouvel abonné. Là, votre acuité mentale revient, lentement…

(niveau 0 : « oh une affiche avec des cœur, joli… » sourire stupide, regard vague, etc… On en a parlé.)

Niveau 1 : c’est dans 4 jours c’te connerie de Saint Valentin !

Niveau 2 : j’ai quelqu’un à qui faire un cadeaux moi ?

Niveau 3 : est-ce que quelqu’un va penser à moi ?

Niveau 4 : y’en a qui vont recevoir un abonnement Vcub tout plein d’amour cette année…

Niveau 5 : « image de vous déballant un joli papier cadeaux contenant un abonnement Vcub, dans un endroit sympa, une jolie robe, le sourire aux lèvres, un hypothétique Jule de l’autre côté de la table…

Niveau 6 : … redescente du sourire » (ça y est vos neurones on finis d’établir la connection, tout le monde est sur le front). Je viens de recevoir un abonnement Vcub. Oh My God… Plutôt crever.

Ce cadeau là résonne dans votre tête « Pour la saint valentin ma grosse, arrête de prendre le bus ou le tram et bouge ton cul » (niveau 7 d’acuité : cynisme). Le moment est venu pour moi de présenter mes hommages aux réceptrices de cet abonnement au réseau des « Tram et Bus de la CUB » (alias TBC). Le genre de service qui vous oblige a systématiquement prendre en compte le principe de l’emmerdement maximal (on pourra y revenir) et qui vous permet d’offrir à votre bien aimé(e), un abonnement qui va lui faire remuer son derrière au rythme des coups de pédale… GRA-TUI-TE-MENT, à l’occasion de la Saint Valentin. Romantisme au rendez-vous garantit.

Une petite prière adressée à l’éventuel chef d’orchestre tout là-haut : « Mon grand, si d’aventure l’envie te prends de faire revenir un prophète parmi nous, je t’en conjure, pas de mauvaise blague : fais en sorte de ne pas le réincarner en la personne responsable des offres évènementielles des TBC ça nous ferait bien trop mal… »

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La fête selon Martine.

février 8, 2011

Martine a encore frappé… Incognito elle a essayé de faire circuler une invitation d’un goût (très) douteux pour inviter les invités de MA liste à invités à MON anniversaire. Avec toute la panoplie : photos, dates et Power-Point à l’appuie, effets et mouvements divers d’un genre largement contestable pour mettre en scène ces trésors sortis des albums poussiéreux de « l’avant époque du numérique »… Tu vois déjà les images qui défilent. Un petit coup sournois dont Martine à le secret. Avec en prime la réaction type du chat qui a pissé sur la moquette et qui espère que tu t’en apercevra pas en rentrant. Et même que s’il le pouvait il se croiserait les coussinets pour se porter chance. Parce que Martine le sait, elle sait que je vais m’en apercevoir…

Je ne vous parle même pas du fait qu’elle ait voulu introduire une session Karaoké dans la soirée, ni de son espoir fervant de me faire chanter un titre de SON choix… Non, je ne vous en parle pas.

J’aurais bientot 20 ans et ma mère ne me connait pas. Triste constat. Mais qu’est ce que je l’aime Martine et son imagination débordante tout de même.